
Conférence
Rencontre et petit-déjeuner - Galerie Romero Paprocki
- Quand
Jeudi 22 octobre
10h – 12h
- Où
- Galerie Romero Paprocki
8 rue Saint-Claude, Paris, 75003 Paris
- Prix
- Non communiqué, à vérifier auprès de l’organisateur
À propos
Dans le récit d’Italo Calvino, Despina est une ville-frontière située entre deux déserts, l’un de sable et l’autre d’eau. Par un mouvement projectif, le chamelier et le marin l’observent sous deux perspectives opposées. Le chamelier voit la ville comme un navire grâce auquel il pourrait s’évader du désert, tandis que le marin l’imagine comme un chameau qui lui permettrait de fuir la mer, pour des oasis d’eau douce. Dans ce jeu de miroirs, axé tant sur le désir que sur l’orientation du regard, la ville devient un espace liminaire, un seuil où l’inversion des trajectoires engendre deux formes différentes de franchissement. Dans les œuvres inédites réalisées par Pietro Moretti pour l’exposition personnelle intitulée Sete à la galerie Romero Paprocki, la ville-seuil est disputée entre deux formes de tension, l’une liée au désir, l’autre de manière métaphorique, associée à la difficulté d'étancher - et d’orienter - ce même désir. Les figures qui peuplent ce nouveau cycle d'œuvres doivent affronter leurs fragilités irréductibles, en se heurtant, bien malgré elles, à deux conditions distinctes de répression de l’élan pulsionnel: d’une part, la limite et l’ambition, parfois perçues avec réticence; d’autre part, le contrôle et la surveillance, que l’ont peut considérer certainement comme des archétypes, mais aussi comme des marqueurs de notre époque. La soif qui anime ces figures les pousse à se précipiter, à modifier leur trajectoire, à envisager d’autres horizons, à s’opposer, comme dans un corps collectif qui, avec la ville, se déplace et se transforme, résiste et raconte. Cette série d'œuvres se présente comme une extension naturelle de deux moments antérieurs - correspondant à deux projets d’exposition, Selve et Corpi Santi - tout en témoignant d’une évolution significative, tant dans la pratique picturale que dans les axes thématiques explorés. La ville-seuil, l’anatomie urbaine et les espaces intérieurs représentent les repères spatiaux où l’eau devient symboliquement dominante: elle se manifeste comme un flux incessant de pluie, comme un fleuve ou encore sous forme de vapeur - donnant une certaine consistance pulvérulente de la peinture; et elle se présente aussi, dès le titre Sete («Soif» en italien), comme un désir ardent du corps qui projette ses fluides à l’extérieur pour inonder les espaces, engendrant une autre réalité envisageable et dystopique.
Le lieu
Informations fournies par OpenAgenda. Horaires et tarifs peuvent changer : vérifie auprès de l’organisateur avant de te déplacer.
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