
Exposition
Jean Marquis, arpenteur du quotidien. Photographies 1951-1983
- Quand
Du samedi 31 octobre au samedi 23 janvier 2027
- Où
- Galerie Roger-Viollet
6 Rue de Seine, 75006 Paris
- Prix
- Gratuit
À propos
En 1951, Robert Capa conseille à Jean Marquis (1926-2019), comédien et animateur d’art dramatique, de regarder du côté de la photographie. Il a l’œil. Trois ans plus tard, il rejoint l’agence Magnum Photos au côté de Robert Capa, Henri Cartier-Bresson et Chim. Des rues aux champs, des usines aux fenaisons, de Liverpool à Budapest, des colons algériens aux chameliers du marché de Touggourt et au bidonville du Clos Salembier (1958), Jean Marquis arpente le quotidien : revue de presse de Pierre Mendès France dans un train, fabrication du pain au village, direction d’acteur par Jean Renoir pour French Cancan. Jean Marquis ordonne l’espace, agence ses personnages, cadre avec maestria : foule laborieuse de Merlebach de retour à la maison, vieilles dames à l’œil ravageur de la rue du Petit Musc, cheminot solitaire le long de la Deûle, premier grand reportage « initiatique » pour Magnum. Les photographies s’imposent dans l’évidence de leur pan de vie, symboles des coutumes ancestrales de la Corrèze, attestations de la modernité des Trente Glorieuses, documents de la permanence des luttes. Edward Steichen, directeur du département de la photographie du MoMA, le repère et le sélectionne pour l’exposition La Grande Famille des hommes ( The Family of Man ) en 1955. S’ensuivront de nombreuses rétrospectives dans des institutions en France et à l’étranger. Jean Marquis couvre l’effervescence sociale et artistique : grèves sur le tas, meetings sur les lieux de travail, manifestations diverses en faveur de causes qui lui tiennent à cœur : soutien, à Paris place de la Nation, aux époux Rosenberg dans le couloir de la mort aux États-Unis (1953), enterrement des manifestants pour la paix en Algérie, victimes de la répression au métro Charonne (1962), agitation sociale de mai 1968, assemblée générale de paysans (1983), le jazz, les spectacles, les tournages de films, il est au rendez-vous de l’Histoire. L’œil aux aguets, il saisit la jeunesse et sa déferlante contestataire au quartier Latin ; André Malraux à bout de forces tirant sa révérence à la scène politique dans la dernière manifestation gaulliste à l’Arc de Triomphe (30 mai 1968). La presse l’apprécie, le publie. Il entame une collaboration régulière avec L’Express , Science et Vie , Time , Sports Illustrated , Fortune Magazine , Life . Les couvertures se multiplient : l’actrice Gina Lollobrigida pour Le Grand Jeu de Robert Siodmak pour Match (1954), un ancien déporté des camps d’extermination en chemise rayée pour Life (1958), Brigitte Bardot, la star mondiale, pour L’Express (1962)… Louis Aragon l’invite à le suivre dans les déambulations de son anthologie de poèmes Il ne m’est Paris que d’Elsa (1963). Jean Marquis décline l’animation des rues parisiennes, Montmartre encore comme autrefois avec son moulin. Europe, Iran, Sénégal, Algérie, Jean Marquis voyage, envoyé spécial de la presse internationale. En Laponie (1956), il est au sommet de son art dans l’intimité des Samis, au cœur de leurs traditions et coutumes. Il traduit le bonheur fou et tendre des enfants, l’insouciance de leurs jeux, l’éclat de la beauté tranquille de leurs parents comme une ligne de vie, marque de son empathie, d’une éthique discrète mais prégnante aux sources de son œuvre. En 2011, Jean Marquis confie la distribution de ses photographies à l’agence Roger-Viollet dont un ensemble est issu de la collection de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
Le lieu
Informations fournies par Que faire à Paris (Ville de Paris). Horaires et tarifs peuvent changer : vérifie auprès de l’organisateur avant de te déplacer.
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